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Participe passé et adjectif verbal
C’est vrai que c’est un peu compliqué, mais dans cette complication, il y a quelque chose de simple : un participe passé ne peut être qu’une forme verbale, par conséquent, un substantif ne peut jamais être un participe passé.
Mais il existe en effet des participes passés qui sont employés comme adjectifs (c’est ce qu’on appelle des « adjectifs verbaux »). Exemple : divorcé.
Il divorcera dans trois jours. On voit qu’il s’agit d’un verbe, le verbe divorcer au futur simple.
Il a divorcé il y a trois jours. Là encore il s’agit du verbe divorcer, mais au passé composé (auxiliaire avoir au présent = a + participe passé = divorcé).
Il est divorcé depuis trois jours / Divorcé depuis trois jours, il est très déprimé et ne sort plus de chez lui. Là, divorcé n’est plus une forme verbale (un participe passé), mais un adjectif (attribut du sujet il, dans la première phrase, et épithète détachée dans la deuxième) issu du verbe divorcer.
L’adjectif vient donner des informations sur le mot complété : Il est grand, blond, sympa, divorcé.
Le participe passé (le verbe) donne des informations sur ce qu’il se passe (s’est passé, se passera).
Substantif et adjectif
En principe ces deux catégories sont exclusives l’une de l’autre : un substantif sert à désigner des objets / des êtres (concrets ou abstraits), il peut s’utiliser seul (exemple maison) : Regarde la maison ! Alors que l’adjectif qui sert à qualifier ou à déterminer un substantif ne peut jamais s’utiliser seul (exemple joli), il a obligatoirement besoin d’un support auquel il apporte un complément informations : Regarde jolie ! Regarde la jolie maison !
Cependant, il arrive qu’un substantif ne serve plus à désigner quelque chose, mais à qualifier ou à déterminer, autrement dit il joue le rôle d’un adjectif.
Si je dis, Il y a un ours dans le bois, le mot ours permet de désigner quelque chose (ici un animal), c’est bien un substantif.
Si je dis, Marcelin, il est très ours, il n’est pas ici question de désigner l’animal appelé ours, mais de dire quelque chose a propos de Marcelin, de le qualifier. Donc dans ce cas ours joue le rôle d’un adjectif.
Lorsqu’un substantif joue le rôle d’un adjectif, selon les cas, et parfois de façon différente d’un dictionnaire à l’autre, le substantif reste étiqueté substantif et on dit alors qu’il a un emploi adjectival/une valeur adjectival, ou bien il est recatégorisé adjectif.
Si on prend les cas de enfant ou de ours, on voit que Robert et Larousse les catégorisent adjectifs, alors que le Tlfi les laissent substantifs mais indique des « emplois adjectivaux / des valeurs adjectivales » :
ROBERT
Définition de enfant nom et adjectif
Définition de ours nom masculin et adjectif
LAROUSSE
enfant – adjectif
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- 1. À l’âge de l’enfance : Encore enfant, tout enfant.
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- 2. Se dit de quelqu’un de naïf, de candide, d’un comportement spontané : Elles sont restées très enfants.
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- Synonymes :
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- gamin (familier) – gosse (familier) – infantile – puéril
ours – adjectif invariable
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- Qui est peu sociable, un peu rustre : Comportement ours.
TLFI
c)En appos.ou attribut avec valeur d’adj.
− Adj. à valeur qualificative. Gervaise (…) entrait à peine dans sa quatorzième année, lorsqu’elle était accouchée du premier, Claude; et aucun de ses deux frères, ni Claude, ni Étienne, né plus tard, ne semblait souffrir d’une mère si enfant et d’un père gamin comme elle (Zola, Bête hum.,1890, p. 43).
♦ P. anal. [En parlant d’un inanimé concr.] Qui n’a pas atteint son plein épanouissement. Un cyprès enfant, un de ces petits plumages effilés en pinceau (Colette, Pays. et portr.,1954, p. 264).Au fond un petit feu d’âtre, un feu jouet, un feu enfant tout gringalet, pas sérieux pour un sou (Giono, Eau vive,1943, p. 42).
− Adj. à valeur déterminative. Le peuple enfant et fétichiste est doux, pieux, dévoué, inhumain, bestial selon l’humeur et l’occasion (Alain, Propos,1921, p. 229).
− Empl. adj. Il est encore plus ours que d’habitude. Il ne nous saluera seulement pas (Bourget,Disciple, 1889, p.30).Il trouvait Camille trop ours pour rencontrer beaucoup d’occasions de se marier: celle-là était presque inespérée (Drieu La Roch.Rêv. bourg.,1937, p.57).
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Avec l’imparfait, vous appliquez la concordance des temps (simultanéité entre les deux évènements : principale au passe composé –> subordonnée à l’imparfait).
Avec le présent, vous n’appliquez pas la concordance, ce qui est possible à condition que l’évènement de la subordonnée soit toujours vrai dans le présent, ce qui permet justement de lever une ambiguïté.
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Dans la mesure où surgir accepte aussi bien l’auxiliaire avoir que l’auxiliaire être, il n’y a rien de surprenant à ce que re(s)surgir puisse en faire autant. Et cet emploi n’est pas exactement récent. Extrait de Littré :
- 2Il se dit d’une source, d’une eau qui jaillit. La terre fut ébranlée, et l’eau surgit à l’instant.
- Fig. On a vu tout à coup surgir la réputation de cet écrivain. De nouvelles difficultés surgirent.
- Il se conjugue avec avoir, quand on veut marquer l’action : la fontaine qui a surgi tout à coup ; avec être, quand on veut marquer l’état : cette fontaine est surgie depuis hier.
Extrait d’un dictionnaire édité en 1846 :
Et un exemple avec resurgir, extrait de cet ouvrage publié en 1899 :
Contre cette domination farouche de l’Église , l’insurrection républicaine écrasée par Polavieja à Nasug , à Novaleta et à Bulacan , est resurgie de ses cendres à l’heure de crise où la jeune flotte américaine …
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Ce préfixe ne signifie en effet pas uniquement le manque de, il a d’autres sens, dont un dit « attributif » (ci-dessous 2.) qui concerne affamé et assoiffé. Extrait de Wiktionnaire :
Préfixe 2
a- \a\
- Préfixe indiquant le passage à un autre état.
- Sens attributif : donner … à → voir affamer et assoiffer « donner faim, soif à ».
- Sens locatif : se mettre sur… → voir accouder et accroupir « se mettre sur les coudes, se mettre sur la croupe ».
- Sens directionnel : mettre, mener à → voir aboutir et aliter « mener au but, mettre au lit ».
- Sens inchoatif → voir arranger, aposter et assigner.
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Sauf si le nous est un nous de majesté ou de modestie, autrement dit s’il renvoie à une seule personne, il faut mettre le participe au pluriel, puisque nous est COD (qqn ou qq chose incite qq à faire qq chose) et qu’il est placé avant l’auxiliaire. Si nous renvoie uniquement à des femmes –> nous a incitées ; sinon (que des hommes, groupe mixte, groupe indéterminé) –> incités (en écriture inclusive : incité·e·s).
(On pourrait mettre « associée à l’implantation » entre virgules.)
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La question est de savoir si l’adjectif peut construire un complément introduit par à et suivi d’un infinitif. En d’autres termes, peut-on dire (être) hésitant à faire qq chose, comme on dit (être) réticent à faire qq chose ?
Il ne me semble pas que ce soit une tournure que j’utilise volontiers, néanmoins, je ne vois rien qui l’empêche absolument, et je constate qu’on trouve facilement des occurrences (voir trois exemples ci-dessous).Particulièrement hésitantes à l’adopter, les joueuses ont fini par porter le maillot.
Cette phrase vous parait-elle acceptable ?
Et celles-ci :
Paradoxalement, alors que le Québec avait été la province la plus hésitante à introduire les programmes fédéraux
Jamais, hélas ! on ne l’a sentie plus hésitante à l’accepter, plus désarmée pour le tenir.
la paix – ou du moins ce qu’on est en droit d’attendre d’elle – est plus hésitante à se manifesterSi oui, alors aussi bien l’adjectif que le gérondif sont possibles dans cette phrase. Et si non, eh bien, seul le gérondif est acceptable, mais il faudrait donner les raisons qui rendraient l’adjectif irrecevable.
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Phrase 1 – Par la nécessité ne peut être analysé dans le cas présent comme une circonstance, puisque le verbe est transitif : qqn / qq chose force qqn à faire qq chose.
Par conséquent, on est bien en présence d’une phrase passive. Celle à la voix active est : La nécessité me force à vous importuner.Phrase 2 – La préposition de peut introduire un complément d’agent (extrait de la BDL) :
On utilisera plutôt la préposition de pour exprimer le résultat d’une action. Dans ce type d’emploi, la valeur du participe passé se rapproche de celle de l’adjectif. […]
– La ville était envahie de touristes.
– La ville était envahie par les touristes.Pour ma part, il ne fait pas de doute que Ce meuble est couvert de poussière est la version passive de la phrase active : La poussière couvre ce meuble.
Complément de réponse après le pertinent commentaire de Tara : finalement, si je n’ai toujours aucun doute que Ce meuble est couvert de poussière peut être analysé comme une phrase à la voix passive, je suis à présent également d’accord avec l’analyse de Ouatitm, selon laquelle de poussière peut être analysé comme complément de l’adjectif couvert.
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D’accord avec Tara, et pas du tout avec CParlotte.
Nazi – qui est plus relationnel que qualificatif (tout comme le lyonnaise du tradition lyonnaise donné par CParlotte, d’ailleurs, comme tous les gentilés) – est de façon tout à fait correcte associé à chef (dirigeant, dignitaire, etc.).
XXe siècle. Emprunté de l’allemand Nazi, abréviation de Nationalsozialist, « national-socialiste ».
[…]
☆2. Qui a appartenu au parti national-socialiste allemand. Un dignitaire na*i. […]Le Tlfi donne l’adjectif na*iste, mais il est indiqué comme d’usage rare (des exemples de chef + na*iste).
(Il y a des adjectifs qui peuvent être qualificatifs ou relationnels selon le mot qu’ils qualifient :
Un palais royal >> le palais du roi = adjectif relationnel.
Un accueil royal >> qui a les caractéristiques attribuées aux rois = adjectif qualificatif.
Quant à na*ies dans théories na*ies, l’adjectif n’est pas qualificatif, mais relationnel.)- 906 vues
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« Adjectif verbal » et « adjectif participe » sont deux expressions synonymes.
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En principe non, la femelle du vampire est la goule, mais en pratique, d’une part on trouve beaucoup de « vampire femelle », d’autre part, on constate (sur le graphique suivant) que les usagers utilisent de plus en plus vampire au féminin (autrement plus que vampiresse), hausse très nette , qui a démarré il y a une quinzaine d’années.
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