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  • Grand maître Demandé le 31 juillet 2023 dans Question de langue

    @chambaron
    Si je comprends bien, vous me demandez de donner mon avis ou de traiter la question en « réponse » plutôt qu’en « commentaire », ce que je fais donc ici. Je vous répète que je vous crois. Je ne pinaille pas comme vous le pensez. Je suis très content de savoir qu’on peut en bon français répéter des tests depuis des siècles, au moins depuis La Fontaine. Je dis simplement que, quitte à dire que La Fontaine l’écrivait déjà en 1682, quelques secondes de plus vous auraient suffi à nous donner la citation, c’est toujours intéressant pour nous qui souhaitons progresser.
    Je crois aisément que La Fontaine, Poème du quinquina ds Œuvres, éd. H. Régnier, t. 6, p. 323 est pour vous une bonne référence, et elle l’est certainement, je suis certaine que vous avez raison, je demandais juste si, comme vous connaissez manifestement ce texte en question, et comme vous connaissez également notre bêtise, vous ne pourriez pas nous donner, simplement, la citation en question. Si c’est du confidentiel défense, vous n’êtes évidemment pas obligé.
    Mais je pars du principe que tant que vous ne citerez pas directement La Fontaine, tant que simplement vous donnerez des indications tendant à affirmer qu’un texte de La Fontaine utilisant transitivement le verbe « répéter » dans le sens de réitérer a été utilisé en 1682, bien que j’aie une totale confiance en vous, il me sera moins facile de l’affirmer à votre suite quand ce sera à mon tour de convaincre.
    La réponse de @marcel1 que vous invoquez est postérieure à ma question, et vous ne devriez donc pas me reprocher de ne pas en avoir pris connaissance avant de vous demander une précision, c’est absurde.
    Et le demandeur, et tous ceux qui ont répondu, connaissent l’emploi du verbe « répéter » mis pour « réitérer » (répéter une erreur…). La question porte je pense sur la correction syntaxique et stylistique.

    @lolita1980
    Ce que vous avez appris a du sens, et il ne faut pas vous sentir agressée quand quelqu’un envoie valdinguer tous vos cours en donnant une nouvelle règle sans source claire. Compte tenu de mes arguments ci-dessus, ainsi que des références données par @Tara, @marcel1 et @chambaron, je trancherais comme vous, et je remplacerais « répéter une action » par « réitérer une action ».
    Cela dit, si certaines questions syntaxiques exigent des réponses fermes, les questions portant sur le vocabulaire ont moins d’importance, car un mot peut être valable pour la simple raison qu’il est utilisé, une acception pouvant toujours apparaître et disparaître.

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  • Grand maître Demandé le 31 juillet 2023 dans Question de langue

    — Toi, dit-il en saisissant le bras valide de son soldat, je te la confie pour une heure ! — Honoré de Balzac
    — Je saurais être raisonnable si tu partais pour quelques jours, mais je compterais les heures. — Marcel Proust
    — Ce sont les incorrigibles. Quelques-uns sont là pour trois ans. « Bagne dans le bagne », comme dit Méry. — Victor Hugo

    En France il est impossible de trouver des anglicismes sur des phrases banales. Comment voudriez-vous que des millions de francophones, dont une faible partie parle anglais, et dont une infime partie parlait anglais il y a cent ans, soient influencés par l’anglais quand il s’agit d’enfourner un poulet ? Les anglicismes n’existent que dans certains domaines d’étude, dans certaines professions, certains milieux. Certains Anglais font certes des anglicismes, c’est peut-être ce que vous évoquiez, le cas d’un anglophone qui parle mal le français, ou le cas d’une mauvaise traduction ?
    Si vous parlez anglais et que vous constatez que « pour » en français et « for » en anglais peuvent tous les deux exprimer la durée, c’est intéressant, mais ça ne sert à rien concrètement.
    En français, le mot « pour » évoque une projection vers l’avant, impossible à appliquer rétrospectivement :
    — Je suis ici pour trois semaines (celles qui viennent)
    — Je suis ici depuis trois semaines (celles qui sont passées)
    Contrairement à l’anglais qui a un « pour » qui va aussi à rebours vers le passé, avec un passé composé (I have been here for…), et le parallèle cesse donc. Aucun anglicisme ici. Il y aurait un anglicisme si on entreprenait de décompter l’heure depuis le moment présent vers le passé avec le mot pour/for (j’ai été ici pour trois semaines), mais il n’y en a pas si on décompte vers le futur (je suis ici pour trois semaines). Certes, en français, le « pour » ne décompte pas le temps vers le passé, mais il le fait sans aucun problème vers le futur, y compris le futur relatif.

    Dans le cas d’un poulet, on l’enfourne donc sans problème pour une heure, on théorise éventuellement la recette en disant qu’on doit l’enfourner pour une heure, mais effectivement, on ne dit pas au passé qu’on l’a enfourné pour une heure, sauf à se replonger au moment zéro de cette heure qu’on avait devant soi (je décidai alors de l’enfourner pour une heure).
    Le mot « enfourner » signifiant « mettre au four » a un point zéro à partir duquel on peut commencer à décompter l’heure. Le mot « pour » est donc parfaitement adapté pour parler au présent, au futur, et pour des moments bien identifiés du passé pouvant servir de points zéro, car il exprime la durée à partir du moment présent ou du début de l’action. Sans référence au moment de l’enfournement, on ne peut pas utiliser le mot « pour ».
    On ne cuit pas pour une heure, mais on peut enfourner pour une heure. Et symétriquement, on ne peut pas « enfourner pendant une heure » selon cette définition. C’est possible cependant si on étend la définition de « enfourner » à « mettre et garder au four ».

    On peut résumer (ou caricaturer) la différence ainsi :
    — Mon fils est parti pendant trois ans = il est revenu
    — Mon fils est parti pour trois ans = il n’est pas encore revenu
    Le mot « pour » introduit une durée en cours ou à venir.

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  • Grand maître Demandé le 28 juillet 2023 dans Question de langue

    Les milliers de « je fus chercher », de « je m’en fus chercher », ou « ils s’en furent chercher », qu’on trouve dans la littérature, montrent que cette construction avec le verbe « être » est bien autre chose qu’une faute de français. Peut-être pourriez-vous chercher des réponses sur un forum de littérature ou simplement d’étudiants en lettres. Le « j’ai été chercher » est-il le « je fus chercher » du pauvre ? C’est à tort qu’on dissèquerait analytiquement cette construction. Il faut une autre approche que celle des examinateurs. Quelques demandes à Google nous orientent très vite vers des pistes de réponses.

    ——–
    [Le lendemain…]
    La forme « être + infinitif » est courante au passé simple, et quand on continue à l’utiliser en littérature, elle est loin d’être familière, bien au contraire. C’était manifestement la forme normale il y a quelques siècles :
    — Il fut querir son fidèle Bécafigue.
    — Il fut prendre les armes…
    — Il fut demander l’agrément du vice-roi et il eut ordre de…
    Au passé composé, c’est plus récent, et rédigé à une époque où il aurait été possible d’employer le verbe « aller », mais je ne vois pas de nuance particulière dans l’emploi du verbe « être » :
    — Que n’ai-je été rejoindre mon plus intime ennemi dans le ciel — William Shakespeare traduit par François-Victor Hugo
    — Le médecin, qu’on avait été chercher, était accouru. — Victor Hugo
    — … ce jour où Albertine avait été faire des courses … — Marcel Proust
    — Raoul avait été faire une visite à Mme de Chevreuse et était parti pour rejoindre l’armée. — Alexandre Dumas
    — On avait été chercher un pâtissier à Yvetot, pour les tourtes et les nougats. — Gustave Flaubert
    — M. Auger l’académicien avait été chercher sa tabatière — Honoré de Balzac
    — … une délégation de la garde nationale avait été demander des instructions au général Trochu — Maxime Du Camp

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  • Grand maître Demandé le 28 juillet 2023 dans Général

    Le mot « sire » indique effectivement qu’on parle d’un homme. Vous avez évidemment compris qu’il ne joue aucun rôle syntaxique dans la suite, et que sa place n’importe pas. Ce mot a été ajouté par le rédacteur de l’exercice pour nous faire savoir qu’on parle d’un homme (car une majesté pourrait être une femme), ce qui sera utile plus loin.

    L’expression « le nom qui suit » est difficile à interpréter, donnez la phrase entière si c’est extrait d’un cours.
    De toute façon, cela ne concerne pas le pronom « il » ou « elle » qui suit « votre majesté ». Un pronom n’est pas un nom. Que le pronom reprenant « majesté » soit au féminin, c’est normal, un pronom a le genre de son antécédent.

    Alors de quoi s’agit-il quand on vous dit que « le nom qui suit » l’expression « votre majesté » se met au masculin s’il renvoie à un homme ? C’est extrait d’un cours du Projet Voltaire, comme vous semblez le dire ? C’est simplement faux, les noms ont normalement leur genre propre : Sire, votre majesté est une ordure. Sire, votre majesté est un amour.

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  • Grand maître Demandé le 28 juillet 2023 dans Général

    Votre question finale revient à : « comment savoir si celui qui a écrit a mis ou non un s ? ». Il suffit de regarder s’il y a ou non un s.
    Mais à l’oral, effectivement, vous ne pouvez pas connaître automatiquement l’intention de l’orateur, vous devez essayer de la deviner.

    * L’antonomase métaphorique prend la marque du pluriel :
    — un Balzac = un grand écrivain ; un Danton = un grand idéologue
    — des Balzacs = de grands écrivains ; des Dantons = de grands idéologues
    — Certains dans notre classe voulaient devenir des Balzacs (= de grands écrivains), et d’autres des Dantons (= de grands idéologues)

    * La tournure emphatique désigne une personne, au singulier, et on parle bien de la personne nommée. Le déterminant pluriel crée l’emphase permettant d’englober la personne et tout ce qu’elle représente.
    — Les Danton et les Robespierre ont disparu (Danton et Robespierre en tant que chefs de file, et leurs amis révolutionnaires, et leur époque, et leurs idées, et tout ce qu’ils représentaient…)

    S’il existe un test de Projet Voltaire sur la nécessité ou non de la marque du pluriel au nom propre selon que l’antonomase est métaphorique ou emphatique, l’intention sera à chercher dans le contexte.

    Cette réponse a été acceptée par JANEDOE. le 31 juillet 2023 Vous avez gagné 15 points.

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  • Grand maître Demandé le 28 juillet 2023 dans Accords

    Si par « on accorde les deux noms avec le trait d’union » vous voulez dire que dans un mot composé formé de deux noms, les noms reliés par un trait d’union prennent tous les deux la marque du pluriel, non, ce n’est pas forcément le cas.
    Si le second joue un rôle d’adjectif, s’il représente la même réalité que le premier, oui :
    — un café-théâtre, des cafés-théâtres
    Si le second joue un rôle de complément du nom, mais ne représente pas la même réalité que le premier, les deux éléments sont indépendants :
    — une assurance-vie, des assurances-vie
    — une lampe-tempête, des lampes-tempête
    On applique ce modèle quand on choisit d’utiliser le mot composé « arrêt-maladie », avec un trait d’union, pour exprimer une réalité non réductible à ses deux éléments considérés indépendamment :
    — un arrêt-maladie, des arrêts-maladie
    Sans trait d’union, et c’est l’écriture la plus courante, la logique à respecter est la même :
    — un arrêt maladie, des arrêts maladie

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  • Grand maître Demandé le 28 juillet 2023 dans Accords

    Le pronom « l' » n’est pas mis pour « une salade » mais pour « la salade ».
    Pour dire ce qu’elle a vu, vous pouvez choisir une proposition, « servir la salade », ou un nom avec un participe passé, « la salade servie ». Dans les deux cas, on peut pronominaliser « la salade ». Dans le premier cas, le pronom est COD de l’infinitif « servir », et dans le second cas, le pronom est COD du verbe « voir ».
    — Elle a vu servir la salade = elle l’a vu servir
    — Elle a vu la salade servie = elle l’a vue servie

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  • Grand maître Demandé le 28 juillet 2023 dans Accords

    La règle que vous évoquez s’applique au mot « si » introduisant une condition. Elle sert juste à enseigner qu’on ne dit pas « si j’aurais su » mais « si j’avais su ».
    Mais ici le mot « si » est ici une conjonction introduisant une interrogation indirecte, et ne commande aucun temps particulier :
    — A-t-il pu ? Je pense qu’il a pu… j’ignore s’il a pu… je demande s’il a pu…
    — Pourra-t-il ? Je pense qu’il pourra… j’ignore s’il pourra… je demande s’il pourra…
    — Pourrait-il ? Je pense qu’il pourrait… j’ignore s’il pourrait… je demande s’il pourrait

    Le problème de cette phrase est plutôt ce que vous mentionnez dans le titre de la question, c’est-à-dire qu’elle commence par un conditionnel de politesse, d’atténuation (sauriez-vous si…), et qu’elle continue dans la subordonnée avec ce même conditionnel de politesse (… si Marie pourrait).
    Ce n’est pas formellement interdit, mais il n’y a probablement pas de bonne raison d’utiliser dans la subordonnée un conditionnel de demande polie (pourriez-vous être présente, s’il vous plaît ?) quand on ne s’adresse pas à la personne directement.
    Contentez-vous donc du conditionnel de politesse dans la proposition principale, qui s’adresse à votre interlocuteur (sauriez-vous me dire), et poursuivez au temps adapté, par exemple le futur de l’indicatif :
    — Sauriez-vous me dire si Marie a reçu l’invitation, si elle est disponible, et si elle pourra être présente ?

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  • Grand maître Demandé le 27 juillet 2023 dans Question de langue

    Que représente le pronom « l' » devant le verbe « affirmer » ?
    — que les deux formulations sont correctes ? Cette proposition n’est pas écrite avant, comment alors la reprendre par un pronom ?
    — que les deux formulations m’apparaissent correctes ? C’est logiquement cette proposition que le pronom reprend, mais bien sûr que si vous l’affirmez, c’est écrit clairement « les deux formulations m’apparaissent correctes ».
    Il fallait écrire avec une bonne construction :
    — Les deux formulations m’apparaissent correctes, mais je n’affirme pas qu’elles le sont.

    La phrase dit « sur l’instant ». Cette locution signifie apparemment « sur le moment », « à cet instant »…
    Selon vous, elle exprime qu’on ne parle ni du passé ni de l’avenir ? Pourquoi donc ?
    — sur le moment, je n’y ai pas cru, puis j’ai réalisé que…
    — sur le moment, je n’y croirai pas, puis je réaliserai que…
    Si vous voulez imposer le présent, utilisez une locution adverbiale qui dit explicitement qu’on parle du présent, « en ce moment », « maintenant »…

    Vous donnez votre opinion au présent, mais vous voulez vous en dégager pour ce qui est d’affirmer cette opinion. Vous pouvez le faire à tous les temps que vous voulez :
    — Je pense cela, mais je ne l’ai jamais affirmé formellement
    — Je pense cela, mais hier encore je ne l’aurais pas affirmé
    — Je pense cela, mais je ne l’affirmerais pas si ma vie était en jeu
    — Je pense cela, mais je ne l’affirmerai jamais, car j’ai peur du procès
    Il n’y a absolument aucune règle de concordance des temps à respecter. Utilisez tous les temps que vous voulez.

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  • Grand maître Demandé le 27 juillet 2023 dans Conjugaison

    La réponse ci-dessus qui dit que puisque « le participe passé est accompagné de l’auxiliaire être », « l’accord se fait avec le sujet », est fausse. À ce compte-là, la question de l’accord ne se poserait jamais avec les verbes pronominaux. Le verbe dérouler n’est pas essentiellement pronominal, il en existe une construction transitive, il en existe donc possiblement une construction pronominale accidentelle, toujours avec l’auxiliaire être, mais sans accord du participe passé avec le sujet.

    Le participe passé des verbes pronominaux s’accorde souvent avec le sujet :
    — Anne s’est promenée, elle s’est trouvée mal, la pie s’est envolée, la baignoire s’est vidée, la maison s’est écroulée, la journée s’est déroulée, les événements se sont déroulés

    Sauf quand la construction permet d’interpréter le pronom comme un COI (réfléchi ou réciproque) ou comme un autre complément non indispensable syntaxiquement, qui transforme une construction avec l’auxiliaire avoir en construction pronominale :
    — elle lui a téléphoné, ils se sont téléphoné
    — elle lui a dit des choses, ils se sont dit des choses
    — elle leur a demandé pourquoi, elle a demandé pourquoi, elle s’est demandé pourquoi
    — elle leur a posé une question, elle a posé une question, elle s’est posé une question
    — elle a roulé un joint, elle s’est roulé un joint
    — elle a déroulé un récit, elle a déroulé un récit à sa propre intention, elle s’est déroulé un récit
    — elle a déroulé deux mètres de papier alu, elle s’est déroulé deux mètres de papier alu
    C’est souvent la présence d’un COD explicite qui nous indique qu’on est dans ce cas.

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