3499
points
Questions
0
Réponses
636
-
A) Les noms
* Majuscules aux noms propres, en particulier à tous les noms de Dieu : Dieu, le Père, le Fils, l’Esprit Saint, la Trinité, le Tout-Puissant, l’Agneau… On les repère en particulier mais pas seulement à l’absence de déterminant, ou à l’article défini.
Selon les mêmes règles qu’ailleurs, on peut écrire « la trinité de Dieu » pour parler du fait que « Dieu est trois personnes » ; mais pour parler de ces trois personnes en une, on utilise la majuscule : « la Trinité ».
Par exception aux règles ordinaires, même utilisés dans leur sens générique ou relatif, quelques rares noms, sous la plume des chrétiens, gardent leur caractère de nom propre :
— Jésus s’adressa à son Père. Dieu nous a envoyé son Fils. Je crois en un seul Dieu.
C’est cela qui justifie la majuscule à « Père » dans « Notre Père qui…« .* Les attributs, désignant pourtant le Père ou le Fils d’une certaine manière, ne prennent pas de majuscule, pas même dans les mots de Jésus : « Je suis le chemin, la vérité, la vie ».
* Mettre des majuscules aux jolis mots, c’est une fantaisie ancienne mais non justifiée : « pour la Gloire et la Louange de ton saint Nom et pour l’agrandissement de ton Règne« (un livre de 1766). Il ne faut pas le faire.
* Pour des raisons vaguement théologiques (en fait rhétoriques ou didactiques à mon avis), qui n’ont globalement pas cours dans l’Église catholique actuelle, on a pu rencontrer des majuscules à Paradis, Cieux, Anges, Nom, Règne, ayant des sens absolus voire étant des noms propres. Ces majuscules sont en trop, elles sont inutiles. Un auteur peut justifier des majuscules çà et là, par exemple s’il considère que le mot « Paradis » est le nom du paradis des chrétiens, mais ce n’est pas une règle d’écriture, c’est un choix d’auteur.
On écrit ainsi sans majuscule : cieux, nom, règne, volonté, terre, ciel, parole… On peut écrire normalement : le saint nom de Jésus, le corps du Christ, Dieu tout-puissant, ta parole est vérité, le royaume que tu promets…
On voit que le degré de sacralité n’importe pas.
Quant à la majuscule spécifiante, par exemple très fréquente au mot Royaume, elle n’apporte rien tant que le mot n’est pas utilisé seul par un auteur, théologien ou romancier, qui déciderait que « le Royaume » est le nom propre qu’on utilise pour décrire un truc absolu (qu’il soit conceptuel ou imaginaire). Ainsi, dans le livre « Les Clés du Royaume », il faut une majuscule à « Royaume », mais pas dans « le royaume de Dieu appartient à ceux qui se lèvent tôt ».* La Majuscule est conservée aussi quand les chrétiens se sont emparés d’un nom pour se l’approprier, procédé assez malhonnête, par exemple l’Écriture est l’unique livre inspiré par Dieu selon les chrétiens et donc prend une majuscule… un peu comme quand la droite en France se désigne comme « les Républicains », où il est très difficile de supprimer la majuscule.
* Le dernier nom du Notre Père, le mot « Mal« , est un concept qui ne devrait pas prendre de majuscule, en tout cas pas plus que les autres concepts absolus (le Bien et le Mal, l’Amour, la Vérité)… Il ne s’agit pas non plus du nom propre du diable, même si les deux notions sont proches. Je trouve étonnant que la CEF y mette une majuscule sur son site ; pour trancher, il faudrait connaître leur raison.
B) Adjectifs possessifs et pronoms
L’idée est simplement d’étendre la majuscule aux pronoms personnels (sujet, COI, COD, tonique) et aux déterminants possessifs quand ils représentent Dieu. Les pronoms relatifs ne sont pas concernés.
— Je loue Dieu, je Le loue car Il est grand, je Lui parle, j’en appelle à Lui, j’implore Son pardon.
Cette façon d’écrire est aujourd’hui rare. C’est une simple majuscule de déférence. Certes Dieu mérite sans doute plus que d’autres la déférence, mais il n’y a pas de raison particulièrement nécessaire à ces majuscules, qui ne sont qu’une extension à Dieu de codes plus ou moins avérés et de toute façon périmés de la société française. Si c’était une norme chrétienne, on pourrait l’accepter comme telle, et la respecter si on le souhaite, mais ce n’est pas le cas. Il s’agit plutôt pour les utilisateurs actuels de ces codes de rattacher les textes religieux à des normes françaises, parfois à des idéologies françaises, en particulier le monarchisme. Ces majuscules étaient d’un usage naturel chez certaines personnes à certaines époques. Certains auteurs chrétiens comme Péguy, certains curés, écrivaient ainsi, mais il n’y a pas beaucoup de bonnes raisons pour les imiter. Ce n’est ni une pratique actuelle dans l’Église catholique francophone, ni une préconisation justifiée.
Les textes publiés en français par le Vatican n’utilisent pas ce système de majuscules.
Ce maniérisme a encore un peu cours dans certaines communautés, mais sans raison éditoriale ni religieuse. C’est aujourd’hui principalement un marqueur social qui prétend être un signe de déférence, mais qui consiste en fait à lier étroitement l’écriture conforme à l’ordre social souhaité par certains traditionalistes et autres monarchistes, à l’expression de la foi chrétienne. Cela est bien constaté sur certains réseaux sociaux, où on croise par dérision des majuscules aux pronoms désignant Macron (que ferions-nous sans Lui ?). Un chrétien qui ne pense pas que sa religion est un ordre social n’utilise généralement pas ces majuscules, tout en respectant évidemment l’écriture de ceux qui n’y voient qu’un usage traditionnel.C) Ce sont des considérations indépendantes.
Si j’ai développé un peu les points A et B, c’était surtout pour arriver ici.
* Il n’existe aucun « principe général typographique » consistant à majusculer « les pronoms, adjectifs et autres mots qui précèdent immédiatement » des noms majusculés. C’est une pure invention de Chambaron. On écrit « mon Dieu », « saint Antoine », « le Danemark », « le petit Jésus », « votre Altesse »…
* Ce n’est en aucun cas la majuscule à « Règne » qui entraîne une majuscule à « Ton ». Ce sont des choses différentes. On a pu écrire « ton Règne » (voir point A). On a pu écrire « Ton règne » (voir point B). Ce sont deux choix totalement indépendants l’un de l’autre.
La majuscule à « Père » n’entraîne pas davantage une majuscule à « Notre » : « tournons-nous vers notre Père« .D) Que faire ?
S’il y a comme vous le pensez plusieurs écoles, à laquelle souhaitez-vous vous rattacher ?
— Si c’est pour participer à une paroisse catholique non traditionaliste en France, référez-vous à ce que propose en ligne la Conférence des évêques de France : https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/prier/prieres/ ;
— Les textes protestants sont encore plus détachés des vieilleries typographiques françaises ;
— Certains traditionalistes français ont leurs propres codes.- 580 vues
- 2 réponses
- 1 votes
-
Ce n’est pas vraiment l’accord qui est incorrect. Si vous pensez qu’on peut accepter une demande, alors c’est bien accordé. Mais est-ce correct ? Avez-vous accepté une demande ? N’est-ce pas plutôt l’association qui vous a demandé quelque chose, demande à laquelle vous avez répondu favorablement ? ou qui vous a fait une proposition, proposition que vous avez acceptée ?
Précisez tout cela. Et en écrivant clairement (même si ce n’est pas obligatoire) un nom au début de la dernière phrase exclamative sans verbe principal, on voit sans doute plus clairement que le mot « que » est un pronom relatif qui a pour antécédent un nom féminin singulier, et dont la fonction est COD du verbe « accepter » (accepté quoi ?), et que ce COD est placé avant le participe passé d’un verbe conjugué avec l’auxiliaire » avoir », entraînant son accord. Exemple :
— L’association a pensé à moi pour ce travail, et m’a proposé de… Proposition que j’ai acceptée !
Et en début de phrase, écrivez plus clairement. Que signifie « nature », est-ce le nom de l’association ? un nom utilisé comme adjectif ? Et choisissez entre « association à laquelle j’adhère » et « association dont je suis un adhérent ».- 543 vues
- 3 réponses
- 0 votes
-
Vous devez accorder « soulevées », au féminin pluriel, car « les questions » est bien un COD. L’exception présentée dans la page en lien « les deux kilos que j’ai soulevé » est fausse, car là encore on a bien un COD (on écrit « deux kilos » pour parler d’une chose pesant deux kilos), et il faut accorder. L’invariabilité est réservée aux phrases où il n’y a pas de COD, et où le complément exprime en réalité une caractéristique interne d’une chose, par exemple son poids (les deux kilos que mon sac a pesé avant que je le vide).
Par ailleurs, appliquez une meilleure concordance des temps : « nous étions… qu’il avait » / « nous sommes… qu’il a ».- 478 vues
- 3 réponses
- 0 votes
-
Le complément « sans preuve de ses allégations » semble bien devoir se rattacher à un groupe nominal, c’est une apposition, qui doit être apposée à un élément précis.
— Sans fleurs, ce jardin semble vide. Sans la pluie, le voyage serait agréable. Sans amis, on s’ennuie.
Dans votre phrase, on comprend donc « sans preuve, sa condamnation... » ce qui sous-entend une « condamnation sans preuve« , et ce n’est pas le sens voulu.Alors qu’est-ce qui est « sans preuve », dans votre phrase ? C’est bien difficile à dire. Probablement rien. Peut-être la personne condamnée :
— Sans preuve de ses allégations, il a été condamné
Mais c’est peu clair. Il ne faut pas hésiter à mettre des verbes ou des adverbes quand on a quelque chose à expliquer :
— N’ayant pu apporter de preuve de ses allégations, il a été condamné
En fait, et vous le dites clairement, ce sont les allégations qui sont sans preuve, mais il faut alors supprimer les preuves du complément :
— Sans preuve, ses allégations n’ont pas convaincuC’est un complément circonstanciel signifiant « parce qu’il n’a pas apporté de preuve » que vous cherchez en réalité.
Pour s’approcher de votre phrase, il suffit peut-être de remplacer « sans preuve » par « en l’absence de preuve » pour que ce complément ne se rattache à rien et permette des constructions diverses :
— En l’absence de preuve de ses allégations, le tribunal a jugé que…
— En l’absence de preuve de ses allégations, il a été condamné.
— En l’absence de preuve de ses allégations, sa condamnation était évidente.Une autre question est celle du référent des possessifs « ses » et « sa ». La réponse est probablement dans le contexte, mais un « ses » dans un complément, sans que le référent soit précisé dans la phrase, ça le fait moyen.
- 355 vues
- 3 réponses
- 0 votes
-
Cet état-là.
Cet esprit-là.
Cet état d’esprit là.- 536 vues
- 4 réponses
- 0 votes
-
— Les étiquettes qu’on m’avait attribuées à tort : pas de verbe « être », et pourtant, accord.
— Je me suis attribué des points : verbe « être », et pourtant, pas d’accord.
Vous voyez donc que l’argument « s’accorde en raison du verbe étre » est une grosse fumisterie. C’est certainement la nouvelle façon d’enseigner, depuis 1990, qui consiste à faire deviner la réponse, et qui fait baisser le niveau des élèves d’année en année. Oubliez cela. Ne tenez aucun compte des réponses intuitives que vous recevez ici.
Il y a un seul verbe dans cette phrase, et c’est le verbe « attribuer ». Le seul concept utile pour déterminer l’accord dans cette phrase est celui de la voix passive. Enseigner autre chose (il y a le verbe être donc…), c’est de l’escroquerie, et c’est fabriquer des générations d’incultes.Cette réponse a été acceptée par leslecturesdemaryline. le 24 janvier 2024 Vous avez gagné 15 points.
- 420 vues
- 3 réponses
- 0 votes
-
Les pronoms, sans aucune précision sur ce qu’ils désignent, ne suffisent pas à répondre.
— Je suis sûre que tu vas penser à mon mari. –> Je suis sûre que tu vas penser à lui.
— Je suis sûr que tu vas penser à appeler ta femme. –> Je suis sûr que tu vas y penser.
On peut envisager plusieurs cas.
Ce ne sont pas les mots alignés qui font les phrases, c’est d’abord le sens des mots, et ce qu’ils représentent.- 379 vues
- 3 réponses
- 0 votes
-
Oui, « tenir pour » est une construction attributive ordinaire. L’adjectif « acquis » est attribut du COD et s’accorde avec lui, comme s’accorderait « certain ».
— Sa contribution est acquise. Je tiens sa contribution pour acquise. Je tiens pour acquise sa contribution.
— Sa contribution est certaine. Je tiens sa contribution pour certaine. Je tiens pour certaine sa contribution.
Peut-être l’hésitation vient-elle du fait que quand on place l’attribut « acquis » immédiatement derrière le verbe « tenir », le COD est généralement une proposition : je tiens pour acquis qu’il apportera sa contribution… Mais quelle que soit la construction, il s’agit bien d’un adjectif qui s’accorde.- 508 vues
- 2 réponses
- 0 votes
-
Évitez simplement de conjuguer un verbe dont vous ne connaissez pas le sujet.
- 372 vues
- 2 réponses
- 0 votes
-
[Faisons comme si « laisser » était un verbe ordinaire, sans le considérer comme un semi-auxiliaire, et sans tenir compte des règles de 1990.]
Le verbe « laisser » est un verbe transitif qui se conjugue avec l’auxiliaire avoir. Quand il est suivi d’un infinitif, il y a deux accords possibles.
* Le participe passé « laissé » s’accorde avec le pronom antéposé COD du verbe « laisser » et non du verbe « glisser » :
— Je les ai laissés glisser
— Ils m’ont laissée glisser
* Le participe passé « laissé » est invariable car le pronom antéposé est le COD du verbe « submerger » et non du verbe « laisser » :
— Je ne les ai pas laissé submerger
— Ils ne m’ont pas laissé submergerQuand un verbe normalement transitif est construit pronominalement pour exprimer une action réfléchie (c’est ce qu’on appelle une construction accidentellement pronominale), les accords se font comme si on le construisait transitivement avec l’auxiliaire « avoir ».
— Elle nous a parlé. –> Elle s’est parlé.
— Elle nous a écoutés. –> Elle s’est écoutée.
L’absence d’accord dans « elle s’est parlé » malgré l’auxiliaire « être » est normale. Là où on n’accorderait pas en construction transitive, on n’accorde pas non plus en construction pronominale.Si vous connaissez ces deux règles, il faut les appliquer ensemble :
— Ils ne se sont pas laissé submerger par la tâche.[Avec le verbe « laisser », la question a de toute façon perdu beaucoup d’intérêt puisqu’on conseille, depuis 1990, de le considérer comme un semi-auxiliaire, et donc de laisser son participe passé invariable quelle que soit la construction, comme on fait avec « faire ».
Avant 1990 :
* ils m’ont laissée glisser –> ils se sont laissés glisser
* ils m’ont laissé submerger –> ils se sont laissé submerger
Après 1990 :
* ils m’ont laissé glisser –> ils se sont laissé glisser
* ils m’ont laissé submerger –> ils se sont laissé submerger]- 375 vues
- 2 réponses
- 0 votes