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L’adjectif s’accorde avec le nom ou le pronom auquel il s’applique (qui est morose ?). Donc oui, accordez selon ils, au masculin pluriel : moroses.
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A. Système de temps.
Votre phrase est au présent, ou plus précisément elle est dans un texte au présent, elle s’inscrit dans le système présent, même si ça ne se voit pas avec les trois seuls verbes que vous montrez (un imparfait modal après « si », un temps à trouver après « que », un conditionnel présent à la fin), mais vous pourriez terminer la phrase par « mais ce n’est pas le cas ».
— Si j’étais riche, je voyagerais… mais je ne suis pas riche.
Dans le système présent, il n’y a aucune concordance des temps à appliquer.
La concordance des temps dans un texte au présent, ça n’existe pas, oubliez cela.B. Si… et que…
Beaucoup de conjonctions peuvent ne pas être répétées, et être reprises par « que » :
— Quand je serai riche, et que je voyagerai…
Après un « que » remplaçant un « si » d’irréalité dans une coordination de propositions conditionnelles, on utilise le subjonctif :
— Si j’étais riche, et qu’il pleuve, j’achèterais un parapluie. (mais je ne suis pas riche et il ne pleut pas)
— Si j’étais en vacances, et qu’il fasse beau, et que je sois en forme, et que j’aie un vélo, j’irais me balader.
Le premier irréel se met à l’imparfait (mais ce n’est qu’un imparfait modal, que vous auriez tort de nommer indicatif), et les suivants au subjonctif.
Vous savez bien qu’on ne dit pas :
— Si j’étais en vacances, et qu’il faisait beau, et que j’étais en forme, et que j’avais un vélo, j’irais me balader.
Et donc pour votre phrase :
— Si les arbres étaient un décor peint, et que les roses soient artificielles, on pourrait comprendre. Mais ce n’est pas le cas.C. Le subjonctif imparfait.
a)
Le subjonctif imparfait s’utilise dans le cadre de la concordance des temps :
— Je veux qu’il vienne –> Je voulais qu’il vînt
— Je regrette que les roses soient artificielles –> Je regrettais que les roses fussent artificielles
Mais cela ne concerne en aucun cas votre phrase qui s’inscrit dans un système présent.
b)
Il existe aussi un usage classique du subjonctif imparfait qui ne s’inscrit pas dans le passé, et qui insiste seulement sur l’irréel dans le présent :
— Je voudrais qu’il fût déjà là (hélas il n’est pas là).
Cet usage n’est pas vraiment enseigné, mais il est partout en littérature, dans les situations d’irréel, en particulier de regrets.
L’usage moderne est d’utiliser le subjonctif présent dans le système présent, indépendamment du sens (attente ou regret) :
— Je voudrais qu’il vienne demain. Je voudrais qu’il soit déjà là.
Peut-on tenter d’utiliser l’imparfait du subjonctif dans votre phrase ? Non, pas avec le ton moderne ou relâché du « on pourrait comprendre » qu’on trouve à la fin. Mais en insistant sur l’irréel, et sur le regret devant le constat que le roses ne sont pas des roses artificielles, on pourrait tenter : Je regrette que pour m’accueillir dignement vous ayez cru devoir abattre mes arbres et couper mes roses. Ma joie serait plus grande si ces arbres couchés à terre étaient un simple décor, et que ces roses fussent artificielles. Hélas ce sont bien les fleurs de mon rosier que je vois dans ce pot. Mais le plus simple, pour des textes actuels, est de ne pas utiliser cette possibilité résiduelle du subjonctif imparfait en contexte présent.Cette réponse a été acceptée par Myrtille. le 28 août 2024 Vous avez gagné 15 points.
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[A]
L’impossibilité d’utiliser un adjectif de façon attributive ne démontre en rien qu’il s’agit d’un adverbe et non d’un adjectif.
Les journalistes sportifs ne sont pas tous sportifs, la place assise n’est pas assise, la ville ouvrière n’est pas ouvrière.
Donc ne tenez aucun compte de l’argument exposé dans la réponse ci-dessus : « les six ans eux-mêmes ne sont pas fermes ».[B]
Choisir une acception particulière d’un adjectif pour démontrer que ce n’est pas un adjectif est un raisonnement vicieux.
Ne tenez aucun compte de l’argument exposé ci-dessus : « puisque la condamnation n’est pas ferme au sens de non-molle, c’est que ferme n’est pas un adjectif ». Car le même raisonnement (lol) avec une autre acception peut donner une conclusion inverse.
L’acception « dur » permet d’ironiser sur « une peine ferme » / « une peine molle »
L’acception « certain » montre clairement l’opposition « une peine ferme » / « une peine éventuelle ».
J’imagine que vous avez l’intelligence de savoir que c’est au sens de certain, définitif, obligatoire, avec engagement, exécutoire… c’est-à-dire au sens contraire de possible, avec sursis, facultatif, optionnel… que le mot ferme est utilisé dans votre phrase.[C]
Aucune considération sur le sens d’un mot ne permet de définir s’il est adjectif ou adverbe. Un même mot, selon qu’il complète un nom ou un verbe peut être un adjectif ou un adverbe, avec le même sens : une odeur forte –> sentir fort.
Donc ne tenez pas compte des arguments d’autorité du type « dans tel sens, tel mot est un adjectif, et dans tel autre sens, c’est un adverbe », ou comme on lit sur le blog proposé en lien dans la réponse ci-dessus : « ferme, employé au sens de sans sursis possible, n’est pas adjectif mais adverbe ».[D]
Même quand le sens d’un adjectif semble se spécialiser dans son emploi adverbial, cela n’importe pas, le retour à l’emploi adjectival sur la base du sens de l’emploi adverbial donne à nouveau un emploi adjectival ordinaire.
Par exemple, l’adjectif « net » peut être utilisé adverbialement dans certains sens : on peut être rémunéré 2000€ net. Mais dès qu’on applique ce mot à un nom, même en conservant ce sens spécifique lié à la façon dont a été calculée la somme, il redevient un adjectif ordinaire : ces 2000€ nets me suffisent ; la rémunération nette est intéressante ; ce salaire est net…[E]
Les métonymies permettent tous les accords.
On peut par exemple désigner une période ou un événement par sa durée, et quand on dit « ces trois mois m’ont permis de réfléchir » pour dire « ce congé d’une durée de trois mois m’a permis de réfléchir », on voit qu’on conjugue au pluriel, selon le nombre de mois, alors même qu’on sait que les mois n’y sont pour rien, ils ne sont là que pour exprimer la durée du congé.
C’est donc là encore un raisonnement invalide que d’estimer que les mois ou les années ne pouvant pas avoir telle ou telle caractéristique, ils ne sauraient être suivis d’un adjectif épithète leur attribuant cette caractéristique. C’est absurde de ne pas en tenir compte, les métonymies sont pourtant partout en français. Dans une construction métonymique du type « six mois » pour « une peine d’emprisonnement de six mois » ou « une période de six mois en prison », ou « un engagement de six mois », rien n’exclut la présence d’un adjectif qualifiant la peine, la période ou l’engagement.
Et pour ce qui est des accords, quand on utilise un mot pour un autre, on accorde selon le mot qu’on utilise, et pas selon le mot qu’on n’utilise pas. Il peut ainsi y avoir des mois fermes, des années heureuses, et des jours optionnels. Les adjectifs s’accordent avec les mots et non avec les idées. Il n’est nul besoin d’invoquer un emploi adverbial pour appliquer tel adjectif à tel nom. Que nous importe de savoir si les années heureuses étaient par elles-mêmes heureuses ou si nous les qualifions d’heureuses parce que nous y avons vécu heureux ? Quand une figure de style permet de flanquer un nom d’un adjectif, l’adjectif s’applique tout simplement au nom.[F]
Quand on parle précisément d’une mesure et non d’un critère (durée, poids…) ayant cette mesure, il arrive cependant que la mesure reste au singulier : deux kilos est un poids suffisant, trois kilomètres est une courte distance, deux ans est une peine légère. Mais on voit qu’il faut le formaliser clairement. Quand on parle de six années obligatoires pour une obligation de six années, il ne s’agit pas d’une mesure mais bien des six années.[…]
Mais je vois que vous commencez à vous impatienter, j’abandonne donc mon introduction, qui de toute façon commence à m’ennuyer moi aussi, pour vous donner la réponse à votre question. Dans votre phrase, le mot « ferme » est un adjectif utilisé dans le sens de « certain » ou « obligatoire ». Accordez évidemment « ferme » comme vous accorderiez son contraire « optionnel ».
— Notre cabinet était chargé de rédiger un projet de bail d’une durée de dix années, dont six années fermes et quatre années optionnelles.- 282 vues
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C’est peut-être moins une question d’accord que de construction. Ce serait plus clair avec un peu de contexte, par exemple avec la phrase précédente.
Doit-on accorder ? demandez-vous. Oui, bien sûr, il faut accorder le participe passé, mais la question est de savoir avec quoi…
Admettons que vous hésitiez entre le pluriel, car il s’agit de plusieurs personnes, et le singulier, car il s’agit également de chacun.Si vous écrivez sous la dictée, sans donc pouvoir modifier la phrase, et que le texte parle de personnes qui voyagent ensemble, écrivez « arrivés », car mieux vaut une rupture syntaxique qu’une faute de sens.
J’ai raccompagné mon fils ; nous avons marché dix minutes, nous avons pris le métro, et, arrivés à la gare, le jui ai dit adieu. La phrase perd tout sons sens si vous la terminez par : et, arrivée à la gare, je lui ai dit adieu.
Dans Carmen, à un moment du récit où l’héroïne est escortée par deux militaires, Mérimée écrit : Arrivés au corps de garde, le maréchal des logis dit que c’était grave, et qu’il fallait la mener à la prison. Si l’auteur avait écrit « arrivé au corps de garde, le maréchal… », on se serait bien demandé comment il y était arrivé seul alors qu’ils étaient partis trois.Si vous accordez ainsi, au pluriel, vous ne pourrez évidemment pas considérer que c’est une apposition au sujet « chacun ». Il suffira de considérer qu’il y a dans « arrivés à bon port » non pas un participe apposé mais une subordonnée adverbiale participiale sans sujet répété.
— Les cinq amis sont rentrés ensemble, et, arrivés à la gare, chacun a regagné son domicile.
On pourrait expliciter le sujet de la participiale pour se conformer aux règles scolaires, mais ce serait une répétition inutile :
— Les cinq amis sont rentrés ensemble, et, ces cinq amis arrivés à la gare, chacun a regagné son domicile.
Si c’était le sens de votre question, si vous souhaitiez savoir si le participe passé « arrivé » doit obligatoirement s’accorder au singulier avec « chacun », ou s’il peut s’accorder au pluriel avec toutes les personnes arrivées ensemble, alors je pense que l’accord au pluriel est bien préférable, bien plus proche de l’intention de l’auteur.- 300 vues
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a)
De façon générale, ne tenez jamais aucun compte des dizaines ou centaines de réponses sur ce site présentant des statistiques totalement idiotes publiées par plusieurs contributeurs :
* Puisque 90% des chasseurs disent qu’ils chassent le lapin et que seulement 10% des chasseurs disent qu’ils chassent le lièvre, il est préférable de dire que vous chassez le lapin.
* Année par année, on dit avec exactement la même fréquence « il fait beau » et « il ne fait pas beau », donc il n’y a probablement pas de différence fondamentale entre ces deux expressions.
Ce genre de raisonnement, développé en permanence sur ce site, fait carrément peur. Ne tenez donc aucun compte de la première réponse.
Si les deux constructions que vous proposez on un sens et sont valides, qu’elles aient le même sens ou non, que peut bien vous importer que l’une soit plus fréquemment utilisée que l’autre ? Vous avez évidemment la possibilité d’utiliser la tournure la moins fréquente des deux, et jamais le fait d’écrire une chose qui a été moins écrite qu’une autre avant vous ne devrait être une frein à votre expression.b)
La réponse à votre question n’a évidemment non plus aucun rapport avec un emplacement ou une situation géographique ou une « véritable localisation », ne tenez donc aucun compte non plus de la deuxième réponse.
Et la phrase « On emploiera plus volontiers lequel dans un énoncé plus actualisé » n’ayant aucun sens, vous ne devez pas davantage en tenir compte.c)
Il peut arriver que le pronom relatif « où » ne se réfère pas à un « dans » (par exemple « le jour où »), et ne soit pas remplaçable par un « dans lequel », mais c’est une autre question.
Car dans l’autre sens, vous devez considérer que quand vous pouvez écrire « dans », alors vous pouvez toujours faire une relative en « dans lequel ».
Et c’est la cas ici : dans cette situation –> la situation dans laquelled)
Il est probable que vous savez déjà tout cela, et que vous nous demandez s’il y a une différence de style, une différence d’intention. Dans votre phrase, que faut-il préférer entre le très analytique « dans lequel » et le plus simple « où » ?
Cela relève-t-il par exemple de différents registres de langage ?
— la situation où je me suis fourrée en sortant de prison…
— la situation dans laquelle je me suis trouvée à ma sortie de l’ENA…
Y a-t-il une autre raison pour préférer à l’autre l’un de ces deux pronoms relatifs, qui dépende réellement du sens de la phrase ? Je ne sais pas. Il s’agit évidemment d’une question de style, mais quelles sont les motivations du choix de l’auteur ? Attendez d’autres réponses, qu’on devrait trouver dans la littérature.- 853 vues
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Pour les mots qui étymologiquement ne prennent qu’un « l », les rectifications orthographiques de 1990 ont annulé la pratique absurde qui consistait à doubler le « l » dans certains cas pour donner le son « èl », au profit d’un simple accent qui ne dénature pas le radical du mot.
Avant 1990 : ruisseler, il ruisselle, ruissellement
Après 1990 : ruisseler, il ruissèle, ruissèlement
L’idée est de traiter tous les mots en respectant leur histoire, comme on le faisait déjà avec : peler, il pèle
La méthode est simple et cohérente, elle permet de respecter l’orthographe des mots, de respecter le radical sans doubler de lettre, et d’utiliser simplement des accents pour indiquer la prononciation.Mais avec un mot comme « interpeller », c’est exactement le contraire. On a un mot qui étymologiquement demande le double « l », et il n’y a aucune anomalie d’écriture à conserver ces deux « l ».
On écrit ainsi (du latin pellare) interpeller, interpellation, il interpelle, il a interpellé… comme on écrit (du latin stella) consteller, constellation, il constelle, il a constellé. Le double « l » est conservé dans toutes les formes du mot.Mais vient la question de la prononciation.
Vous acceptez presque toujours qu’on n’écrit pas comme on prononce (ruiso s’écrit ruisseau), mais vous avez fait une exception pour le nombre de « l », car, cela intervenant en contexte de conjugaison, vous y voyez une raison logique. Dans ces situations, il y aurait une bonne raison pour modifier fondamentalement l’écriture d’un mot, jusqu’à son radical, simplement pour indiquer une prononciation. L’orthographe devrait devenir dans ce cas, et rien que dans ce cas, une transcription de l’oral.
Ce raisonnement ne tient pas. D’ailleurs, qui sait rigoureusement comment on prononce « interpeller » à Pau, à Grenoble, ou à Kinshasa ?
Parce qu’on prononce « interpeuleur » à Paris, il faudrait changer l’orthographe du mot au détriment de l’étymologie et de vingt siècles d’usage.
Combien de mots ne prononcez-vous pas comme vos grand-parents ou comme vos cousins éloignés ? Souhaitez-vous que ces mots changent d’orthographe selon les générations et les régions ? Cela se fait en partie, mais est-ce bien l’objet de votre question, que de savoir si l’orthographe doit fluctuer selon la situation dans le temps et dans l’espace du locuteur ?
La règle à la mode sur ce site est « puique vous prononcez comme ça, écrivez donc comme ça », et cette règle est scandaleuse. Passez une heure sur Facebook pour en prendre conscience.
Si un jour on s’aperçoit que les présentateurs de la télé prononcent « il constelle », mais « il a constelé », faudra-t-il modifier l’orthographe dans la conjugaison du verbe « consteller » ? jusqu’à renier l’étymologie « stella » ?Vous savez probablement que les prononciations « interpèlation » et « interpélation » existent toutes les deux, mais qui dira laquelle est la bonne, et qui en tirera la conclusion que ce mot devra désormais officiellement s’écrire de telle ou telle façon ? Puis-je vous demander par exemple comment vous, vous l’écrivez, ou comment vous souhaiteriez l’écrire ? Si vous prononcez personnellement « interpèlation », ce sera facile de continuer à écrire « interpellation », mais si vous prononcez « interpélation », comme à la télé, que ferez-vous ? Est-ce que chacun doit écrire selon sa prononciation personnelle ? Est-ce la prononciation de la télé qui compte ?
Depuis « interpellare » en latin jusqu’à « interpeller » en français de 1989, on a respecté le double « l » pendant deux-mille ans. Là où je vois une certaine stabilité, d’autres voient une anomalie qu’il serait temps de rectifier, car l’orthographe aurait dû évoluer en même temps que la prononciation. Mais des milliers de mots ont conservé les lettres qu’on ne prononce plus ou qu’on prononce différemment, et on continue à écrire différemment conte, comte, et compte, alors qu’on les prononce identiquement. Vous ne pouvez pas traiter la persistance ou la disparition d’une lettre étymologique comme une simple indication de prononciation.
Jusqu’à 1990, il était normal de se plier à l’orthographe normalisée, par exemple celle de l’Académie française, et d’écrire : interpeller, j’interpelle, je suis interpellé. S’il y avait anomalie, elle était dans la prononciation, non pas dans l’écriture.Et cependant les rectifications orthographiques de 1990 vont dans votre sens. Cela s’est passé en deux temps: 1740 puis 1990.
* Le mot latin « appellare » est devenu en français « appeller ». Je viens de parcourir Montaigne, qui n’écrit que « appeller ». Le Dictionnaire de l’Académie française de 1718 ne propose encore que « appeller ». Ce n’est que l’édition de 1740 qui introduit « appeler ». L’Encyclopédie, quelques décennies plus tard, utilise encore l’orthographe « appeller ».
La nouvelle orthographe a cependant très bien fonctionné et s’est imposée, mais seulement pour ce mot « appeller » qui est devenu « appeler », le double « l » étant conservé quand la prononciation le demande (il appelle).
Ce qui peut paraître une anomalie est que, en 1740, l’Académie française n’ait pas demandé la même évolution, en même temps, pour les verbes « appeller » et « interpeller », ce dernier verbe restant orthographié « interpeller » jusqu’à l’avant dernière édition du dictionnaire, en 1935. La dernière édition, ayant été rédigée après 1990, propose les deux graphies.
* En 1990, l’orthographe « interpeller » n’est pas jugée anormale par rapport à l’histoire du mot, elle n’est anormale que dans la mesure où elle n’a pas subi la même rectification arbitraire que le verbe « appeler » a subie en 1740. On voit que supprimer l’anomalie de « interpeller », qui a avait vaillamment résisté, en 1990, revient en fait à lui faire connaître le même sort qu’a connu le verbe « appeller » en 1740.
C’est possiblement une bonne chose, mais seulement à condition de reconnaître que le mot « interpeller » rejoint désormais dans son anomalie le mot « appeler », qui, bien que tiré d’un radical latin exigeant les deux « l », s’écrit une fois ave un « l », une fois avec deux « l », sans aucun respect de l’histoire du mot, simplement parce que des fois on prononce le « e » de telle façon, et des fois d’une autre façon.Notez aussi qu’il y a des implications. Par exemple, les millions de personnes qui continuent à prononcer « en interpellant » « en interpèlant », comme on l’a toujours fait chez eux, devront se résoudre à écrire désormais « en interpelant », et la génération suivante prononcera certainement « en interpeulant ». Rationnaliser l’orthographe, cela s’entend. Mais il s’agit plutôt ici d’uniformiser la prononciation. On est plus proche de l’uniformisation sociale que de la simple formulation de règles d’orthographe rationnelles. Dans ces cas la nouvelle orthographe impose en réalité clairement à moyen terme une nouvelle façon de parler.
Et donc, concernant votre question précise :
* Oui, vous aviez complètement tort d’écrire « interpeler » avant 1990, car vous rompiez avec deux-mille ans de transmission sans aucune légitimité pour le faire (vous n’avez pas à adapter l’orthographe des mots à votre prononciation personnelle) ;
* Oui, vous pouvez désormais écrire « interpeler » à la place de l’ancien et vénérable « interpeller » ;
* Non, il ne s’agit pas de l’abandon d’une exception infondée, car il s’agit au contraire de traiter désormais un verbe qui avait toujours respecté la norme de la même façon désormais que le verbe « appeller/appeler » qui depuis 1740 prend parfois un « l » et parfois deux « l », indépendamment de son sens et de son étymologie, et cela pour de simples raisons réelles ou supposées de prononciation majoritaire ;
* De façon générale, vous n’avez aucune autorité pour choisir d’écrire les mots de telle ou telle façon afin qu’ils soient prononcés de telle ou telle façon ;
* Pour l’immense majorité des mots français, il n’existe pas de correspondance stricte entre la graphie et la prononciation, et vouloir en établir une à l’occasion de la conjugaison d’un verbe spécifique au prétexte d’une prononciation qui diffère, c’est prétendre donner un rôle syntaxique à l’orthographe en dehors des déclinaisons et accords verbaux… si c’est le cas il faut le dire.- 399 vues
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