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  • Grand maître Demandé le 7 août 2024 dans Question de langue

    La construction de la phrase en exemple semble en effet mauvaise. Elle sème en tout cas la confusion puisque c’est la maitresse qui « trouve du charme » à la domestique et non l’inverse. Votre proposition est donc la plus logique.
    « Trouver grâce » est ancien mais pas figé. Si on la trouve , c’est qu’on a « demandé grâce  » et l’on est parfois gracié pour ses péchés.  À défaut de Dieu, le président de la République disposait encore naguère du « droit de grâce » pour les condamnés à mort. C’est simplement l’affadissement de ce sens qui en a fait un synonyme de charme mais les deux mots ne sont pas vraiment interchangeables.

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  • Grand maître Demandé le 6 août 2024 dans Question de langue

    Dans les différentes locutions employant qui comme pronom indéfini (sans antécédent), le construction se fait avec un verbe au singulier, sans considération des éventuels participants :
    – Je me demande qui de tous ces gens sera sélectionné pour composer une équipe ;
    – Qui vole un œuf vole un bœuf ;
    – Je parle à qui veut m’entendre.

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  • Grand maître Demandé le 6 août 2024 dans Question de langue

    La règle est de ne pas élider devant un nombre cardinal (un, huit, onze et leurs composés) , même un mot comme un qui peut aussi être un article indéfini entrainant alors une élision :
    – Plus d’un élève sera tenté de tricher (valeur indéfinie) ;
    – Plus de un élève sur deux (quantité).
    Dans votre exemple, il s’agit clairement d’une valeur numérique et l’élision ne se fait normalement pas : « Plus de un cinquième des élèves… » ou « Plus de 1/5 des élèves… »

    Cela étant, la confusion est très fréquente…

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  • Grand maître Demandé le 6 août 2024 dans Accords

    La locution avoir l’air signifie paraitre, sembler et s’applique à un animé ou à un inanimé. C’est un verbe d’état (état souvent durable) et l’attribut s’accorde avec le sujet.
    Elle ressemble évidemment beaucoup à avoir un air, prendre un air ou avoir l’air suivis d’un adjectif caractérisant l’air en question, souvent passager. Cela ne concerne qu’un être animé et l’adjectif s’applique à air, donc au masculin singulier.
    Vos propositions sont donc fondées mais il s’agit de nuancer selon le contexte : 
    « Elle a l’air aussi méchante que lui. »  (c’est son caractère en général)
    « Elle a l’air aussi méchant que lui quand elle se met en colère. » 

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  • Grand maître Demandé le 6 août 2024 dans Général

    Le français n’a pas conservé dans l’usage moderne tous les composés du mot aise (sens de confort hérité sans doute du latin adjacens). Ces composés étaient pourtant très nombreux encore à la fin du Moyen Âge mais aiser a disparu sans raison connue. Via l’anglo-normand il s’est pourtant bien développé en Angleterre : to ease (aider, faciliter), easy (facile) ou disease (maladie, qu’on retrouve dans malaise).
    Ce verbe mériterait sans doute un retour comme l’a fait récemment le mot malaisant, directement ressuscité de malaiser et malaisance eux aussi disparus. Les synonymes faciliter ou aider conviennent souvent mais ne traduisent pas la notion de « confort » initiale.
    PS À noter que l’origine et l’idée ont survécu dans le mot italien bien connu en musique adagio qui est un passage exécuté « à l’aise », dans un tempo confortable.

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  • Grand maître Demandé le 6 août 2024 dans Question de langue

    L’abréviation cf. (non conventionnelle typographiquement mais très usuelle) est mise pour « conférez « ou confer  (forme latine du même impératif).
    Elle indique simplement que l’on doit se reporter à ce qui suit pour illustrer le point qui précède immédiatement. On peut en effet la considérer comme synonyme de (voir X ou Y) et elle peut occasionnellement être complétée de supra ou infra.
    Exemple du TLF : « Les riches aiment mieux perdre que donner (…) (conférez  [ou cf.] S. Paul, Actes des apôtres, XX, 35). » (BloyJournal, 1899)

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  • Grand maître Demandé le 6 août 2024 dans Question de langue

    D’une manière générale, quand on compile les préconisations des différentes « autorités linguistiques » normatives, on aboutit souvent à la confusion.
    L’élision avec les nombreux composés de que n’échappe pas à ce constat et l’on trouve de tout, partout et selon les époques ; inutile de faire des listes de bienséance.
    L’élision est un phénomène oral, résultant de l’usage et l’écrit ne fait que refléter cela.  Si vous élidez à l’oral devant une préposition commençant par une voyelle (à, au, avant, avec, en et d’autres), transcrivez-le. Neuf personnes et demie  sur dix (si j’ose) sont dans ce cas, ne cherchez pas à mimer en forçant une langue qui n’existe plus… si elle a jamais existé.

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  • Grand maître Demandé le 5 août 2024 dans Question de langue

    « Croquer » (les crocs) et « craquer » (le bruit) ne sont pas étymologiquement ou sémantiquement de la même famille. Le rapprochement n’est donc que circonstanciel et sonore. Pour peu que l’on utilise ses dents, on peut croquer tout ce que l’on veut, y compris la vie…

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  • Grand maître Demandé le 3 août 2024 dans Question de langue

    Belles citations qui font danser la langue aux frontières de la grammaire conventionnelle (mais n’est-ce pas un des rôles de la poésie ?).
    Vous remarquerez que pour ces deux exemples le second impératif est précédé de la conjonction de coordination et. C’est peut-être subjectif de ma part mais c’est cela qui permet l’acrobatie de l’absence d’inversion du sujet,  la seconde proposition ne se trouvant pas isolée.
    L’appliquer à votre phrase améliorerait sans doute l’équilibre : « Chassez le naturel, il revient au galop et le retenez, c’est au triple galop qu’il détale. »

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  • Grand maître Demandé le 3 août 2024 dans Question de langue

    Votre remarque est pertinente et l’exemple de Cesbron vient confirmer ce que de nombreux linguistes avaient déjà remarqué : la langue a employé depuis longtemps espèce (et donc certains autres mots de cette catégorie) avec le genre du complément de nom qui suit. Voir dans ce billet une liste d’exemples relevés chez des auteurs de renom depuis le XVIIIe siècle.
    La pérennité sur plusieurs siècles de ce que l’on peut considérer comme une anomalie grammaticale laisse perplexe. On peut y voir une forme d’archaïsme par lequel la langue perpétue l’origine latine du mot espèce au sens de « apparence » (species ) un peu différent de celui de « catégorie » qu’il a pris ensuite.
    Une rapide recherche sur « une diable de » montre le même phénomène intrigant. On trouve aussi des exemples de « un sorte de » dans des ouvrages dont le sérieux n’est pas en cause.

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